Home Information thématique Eau et énergie dans l’habitat d’aujourd’hui : modes de consommation et précarité

Eau et énergie dans l’habitat d’aujourd’hui : modes de consommation et précarité

L'Enquête sur les consommations résidentielles 2015 en Wallonie, menée conjointement par le Centre d'Etudes en Habitat Durable et AQUAWAL (la fédération du secteur de l'eau en Wallonie) et financée par le Service Public de Wallonie – DGO 3 en charge de l'agriculture, des ressources naturelles et de l'environnement a été exposée publiquement ce 26 février 2016.

L'Enquête sur les consommations résidentielles 2015 en Wallonie présente des indicateurs inédits de l'évolution des consommations d'eau et d'énergie des ménages wallons, de la précarité énergétique et hydrique, du taux d'effort des ménages et des disparités infra-régionales wallonnes.

Retrouvez ici les résultats-clés de cette enquête.

L'Enquête sur les consommations résidentielles 2015 en Wallonie a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif sur les plans géographique, démographique et résidentiel de 2.119 ménages wallons par courrier ou via Internet. La marge d'erreur pour une proportion de 50% est 2,1% (p=0,95). Elle a été réalisée entre avril et mai 2015 et les analyses terminées en décembre 2015.

La consommation moyenne d'eau continue de baisser entre 2009 et 2014 en raison de l'évolution technologique des équipements consommateurs d'eau.

La consommation d'eau moyenne d'un ménage wallon s'élève, en 2014, à 69 m³ par an par ménage ou à 91 litres par jour et par habitant. Entre 2009 et 2014, elle est indiquée dans le tableau suivant.


graphique

Il est étonnant de voir que la moyenne entre les deux dates diminue beaucoup plus que la médiane. La baisse des consommations d'eau est imputable à une diminution chez les plus importants consommateurs domestiques. Si la consommation moyenne diminue, ce n'est pas le cas de la consommation médiane, mais bien pour les usages supérieurs à la médiane. L'utilisation de l'eau de pluie n'explique pas la récente baisse des consommations d'eau observée à l'échelle wallonne. L'évolution technologique est la cause la plus probable. En ce qui concerne les machines à laver et les lave-vaisselle, ils sont prioritairement remplacés dans les ménages de grande taille ; or, il s'agit bien des ménages qui consomment le plus d'eau et qui voient leur consommation diminuer le plus rapidement.

La facture d'eau représente en moyenne 1,3% des revenus d'un ménage

Malgré les récentes augmentations en matière de prix, le poids que représente la facture d'eau dans le budget d'un ménage reste généralement faible de l'ordre de 1%. Cependant, cela n'exclut pas que certains ménages aient de réelles difficultés financières pour s'acquitter de cette facture, ainsi on estime à 5,7% la part des ménages dépensant plus de 3% de leurs revenus pour leur facture d'eau (seuil OCDE).

Précarité hydrique : surtout les ménages de grande taille dont la personne de référence est âgée entre 45 et 54 ans

Les ménages en précarité énergétique correspondent principalement aux personnes dont les consommations individuelles sont beaucoup plus élevées que la moyenne, à taille de ménage équivalente. Cette surconsommation est imputable soit à des comportements de gaspillage, soit à des fuites cachées dans le logement ou encore à l’impossibilité de disposer de ressources alternatives (eau de pluie).

carte
Carte du taux de précarité hydrique des ménages wallons - Source : ECR 2015 (Aquawal/CEHD)

Le Hainaut centre et oriental ainsi que le sud namurois sont plus impactés que le reste de la Wallonie. Au contraire, le Brabant wallon et le Hainaut occidental sont moins touchés par le phénomène de la précarité hydrique. Le premier du fait de revenus plus élevés et le second de par des consommations d'eau plus faibles.

En un an, un ménage wallon consomme en moyenne 22.152 kWh, dont 34% correspond à la consommation de mazout et 30% à la consommation de gaz naturel.

La consommation annuelle moyenne d'électricité est de 3.896 kWh et la consommation médiane est de 3.217 kWh. Plus d'un tiers de la consommation totale des ménages wallons correspond à celle de mazout. Les autres sources d'énergie importantes sont le gaz naturel (30,1%) et l'électricité (17,6%). Le butane/propane et le charbon affichent les parts les plus petites, autour de 1% pour chacun d'eux. Les énergies renouvelables (bois et pellets) représentent ensemble 16,1% de la consommation d'énergie du secteur résidentiel. La plus grande part de ces énergies renouvelables consommée provient du bois.

graphique2

Taux d'effort énergétique : les ménages wallons consacrent en moyenne 8,5% de leurs revenus aux dépenses d'énergie

Le taux d'effort énergétique1 correspond au rapport entre le montant consacré au paiement de la facture énergétique et le revenu total du ménage. Ce taux d'effort énergétique diminue avec l'augmentation du revenu du ménage, allant de 13,0% (pour le premier quintile de revenu, soit les ménages les plus pauvres) à seulement 4,7% (pour le dernier quintile, soit les ménages les plus riches). La facture énergétique pour couvrir les besoins est donc plus lourde à supporter pour les ménages les plus pauvres.

Le taux d'effort énergétique est le plus élevé de Wallonie dans les arrondissements de Charleroi et de Thuin

Les ménages des arrondissements de Thuin et de Charleroi affichent les taux d'effort énergétique moyen les plus élevés. Ils sont suivis des autres arrondissements frontaliers avec la France (Tournai/Ath/Mouscron, Mons, Dinant/Philippeville, province de Luxembourg). Dans une deuxième zone marquée par un taux d'effort intermédiaire, se situent les arrondissements de Namur, de Soignies et de Huy/Waremme. Les arrondissements où les taux d'efforts énergétiques moyens sont les plus bas, en termes comparatifs, sont ceux de Nivelles (Brabant wallon), de Liège et de Verviers.

carte2
Carte du taux d'effort énergétique moyen des ménages wallons - Source : ECR 2015 (Aquawal/CEHD)

Précarité énergétique : 26,7% des ménages wallons consacrent plus de 10% de leurs revenus au paiement des factures d'énergies

Le pourcentage de ménages en précarité énergétique se définit comme la part de ménages consacrant plus de 10% de leurs revenus au paiement de leur facture énergétique2. Selon l'enquête, le pourcentage moyen de ménages en précarité énergétique en Wallonie est de 26,7%. Ce pourcentage est bien évidemment plus important pour les ménages les plus pauvres où la précarité touche 58,2% d'entre eux et il diminue jusqu'à 3,7% chez les ménages les plus riches.

"Maisons-passoires énergétiques" : Au moins un tiers des ménages qui occupent des logements avec des labels médiocres de performance énergétique (« F » et « G ») sont en précarité énergétique.

tableau

Si on compte tout de même plus d'un ménage sur huit (14,1%) occupant un logement de classe « B » en situation de précarité énergétique, il faut dénombrer deux ménages sur cinq (39,9%) vivant dans les habitations les moins performantes sur le plan de la PEB qui sont en précarité énergétique. En particulier pour les logements présentant de mauvaises, voire médiocres performances énergétiques (label « F » ou « G »), rappelons que la part des ménages qui n'est pas en situation de précarité énergétique doit être interprétée aussi par rapport au comportement d'auto-restriction. Un indicateur de confort – difficile à déterminer – devrait être associé à celui du taux d'effort énergétique.

Présentation publique des résultats au colloque « Eau et énergies dans l'habitat d'aujourd'hui : modes de consommation et précarité »
Vendredi 26 février 2016 dès 8h30
Château de Monceau-sur-Sambre.
Tous les détails sur
 http://www.cehd.be/actualites/journeedetudes-1
http://www.aquawal.be/fr/26-02-2016-seminaire-aquawal-cehd-sur-l-eau-et-energies-dans-l-habitat-d-aujourd-hui-telecharger-les-exposes.html?IDC=480&IDD=6010
Contact presse : Cédric PREVEDELLO – 0471/58.94.08 ou 081/254.234
Sébastien PRADELLA – 0479/80.35.19 ou 071/20.56.03

Les auteurs de l'enquête 2015 sur les consommations résidentielles des ménages wallons
Le Centre d'Etudes en Habitat Durable, fondé et financé par la Wallonie et les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est l'institut scientifique régional chargé de développer la recherche en statistiques et sciences humaines pour l'habitat durable. Sa mission est de de servir d'appui à l'élaboration des politiques publiques régionales en matière d'habitat.
AQUAWAL est l'Union professionnelle des opérateurs publics du cycle de l'eau regroupant les principaux producteurs et distributeurs d'eau potable, l'ensemble des organismes d'assainissement agréés de la Région wallonne, ainsi que la SPGE.

Programme et résumé de l'étude

{edocs}crdg/news/news26/programme et resume.pdf,600,455{/edocs}


Power point de présentation

{edocs}crdg/news/news26/JourneeEtudes_AquaWal.pdf,600,455{/edocs}

1 Dans cette enquête, la définition et le mode de calcul retenu est : « Taux d'effort énergétique : dépenses en énergie (y compris les dépenses de chauffage collectif) rapportées aux ressources du ménage. Les dépenses en énergie comprennent le chauffage, l'éclairage, les coûts liés à l'énergie nécessaire pour chauffer l'eau ainsi que la consommation des appareils électroménagers. »

2 Nous prenons ici la définition la plus internationale et la plus opérationnelle du concept. Pour une discussion complète et un résumé des arguments voir l’ouvrage de référence en la matière : Boardman B. (2013), Fixing Fuel Poverty: Challenges and Solutions, Routledge, 256 pages.

CENTRE D'ETUDES EN HABITAT DURABLE a.s.b.l - Rue de Turenne, 2 - 6000 Charleroi T. +32 (0) 71 20 56 00 - mail: information@cehd.be - site: www.cehd.be AQUAWAL SA – Rue F. Wodon, 21 – 5000 Namur T. +32 (0) 81 25 42 30 – mail : aquawal@aquawal.be – site : www.aquawal.be

Mis à jour (Jeudi, 31 Mars 2016 13:17)

 
Contrat de rivière Dyle-Gette Contrat de rivière Dyle-Gette